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voyages impressionnistes
Yasuhiro Ogawa

Au cours de l’été 2018, le photographe japonais Yasuhiro Ogawa a été invité à vivre l’expérience impressionniste. Il a sillonné Paris Région et la Normandie à la découverte de 12 lieux qui ont donné naissance à de célèbres tableaux de Monet, Renoir, Sisley, Caillebotte, Boudin, Millet ou Van Gogh. Ses photos, très inspirantes, vous donnent une vision actuelle des instants de bonheur que les peintres avaient magnifiés sur la toile.

Instant de bonheur en Gare Saint-Lazare, Île-de-France

Claude Monet, La gare Saint-Lazare, 1877, Musée d’Orsay, Paris © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

Construite en 1837, la gare Saint Lazare occupe une place importante dans l’histoire du mouvement impressionniste. Véritable symbole de modernité, elle inspire de nombreux peintres parmi lesquels Manet, Caillebotte, Pissarro et bien sûr Monet qui y consacre une série de tableaux en 1877, installé sous la grande verrière métallique. Cette gare est synonyme d’évasion pour les peintres, qui l’empruntent notamment pour aller de Paris à la Normandie et inversement.

Encore en activité, la gare Saint Lazare est aujourd’hui la 2ème gare d’Europe avec plus de 450 000 visiteurs par jour. Elle assure toujours la liaison avec la Normandie et dessert Giverny, Rouen, Le Havre. Une invitation aux voyages impressionnistes.

Le musée d’Orsay à Paris expose ce tableau.

Instant de bonheur à Chatou, Île-de-France

Auguste Renoir, Déjeuner des canotiers, 1880-81, Phillips Collection, Washington © Bridgeman Images

Auguste Renoir, Déjeuner des canotiers, 1880-81, Philips Collection, Washington © Bridgeman Images

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

Avec l’ouverture de la ligne de train Paris-Saint Germain-en-Laye en 1837, les Parisiens peuvent se rendre en bords de Seine en moins de 30 minutes où ils découvrent les joies de la baignade et du canotage. Guinguettes et restaurants investissent alors Bougival et Chatou dans une joyeuse atmosphère de fête qui inspire les peintres impressionnistes Monet, Degas, Sisley, Caillebotte et surtout Renoir. A Chatou, qu’il surnomme « l’endroit le plus joli des environs de Paris », Renoir réalise une trentaine de toiles dont le fameux Déjeuner des Canotiers, qui a pour décor la très fréquentée guinguette de la Maison Fournaise.

Situé sur l’île des Impressionnistes, le restaurant Fournaise et sa belle terrasse en bord de Seine existent toujours, dans un cadre préservé où il est bon de faire une pause hors du temps. Le musée, situé juste à côté, restitue cette époque joyeuse qui a tant inspiré les peintres impressionnistes.

Ce tableau est conservé à la Philips Collection à Washington.

Instant de bonheur à Moret-sur-Loing, Île-de-France

Alfred Sisley, Le pont de Moret, 1893, Musée d’Orsay, Paris © RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski

Alfred Sisley, Le pont de Moret, 1893, Musée d’Orsay, Paris © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

Sisley s’installe en 1882 dans la jolie cité médiévale de Moret-sur-Loing. Pendant 20 ans, jusqu’à sa mort dans le dénuement le plus total, l’artiste y peint de nombreux tableaux dont le Pont de Moret. On aperçoit en arrière-plan l’église Notre-Dame de Grâce que Sisley peint à toutes les saisons.

Aujourd’hui, Moret-sur-Loing rend hommage à l’artiste ignoré de son vivant. On peut y parcourir les ruelles sur ses pas et découvrir les reproductions de ses tableaux à l’endroit même où le peintre a posé son chevalet. A une heure de Paris, il est agréable de s’évader dans cette petite cité au charme demeuré intact pour une balade à vélo ou en canoë.

Le musée d’Orsay à Paris expose ce tableau.

Instant de bonheur à Auvers-sur-Oise, Île-de-France

Vincent van Gogh, Champ de blé aux corbeaux, Juillet 1890, Musée Van Gogh, Amsterdam © Bridgeman Images

Vincent van Gogh, Champ de blé aux corbeaux, Juillet 1890, Musée Van Gogh, Amsterdam © Bridgeman Images

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

Auvers-sur-Oise est un véritable village d’artistes qui a accueilli plusieurs générations de peintres avec Corot et Daubigny puis Pissarro et Cézanne. Van Gogh s’y installe en 1890, de retour du sud de la France où il a été interné. Il tombe immédiatement sous le charme du lieu qu’il trouve « gravement beau » et y fait preuve d’une incroyable productivité en peignant plus de 80 œuvres en 70 jours. Champ de blé aux corbeaux est son ultime chef-d’œuvre.
Van Gogh meurt quelques jours plus tard dans des conditions aujourd’hui encore mystérieuses.

Découvrir Auvers c’est faire l’expérience d’un pèlerinage. On avance avec émotion dans les pas du célèbre peintre à travers les lieux préservés qu’il a marqués de son empreinte : des rues du village où ses tableaux sont reproduits en passant par la chambre où il s’est éteint à l’auberge Ravoux, jusqu’au cimetière où il repose avec son frère Théo, entouré des champs de blé qui l’ont inspiré.

Ce tableau est conservé au musée Van Gogh à Amsterdam.

Instant de bonheur à la Propriété Caillebotte à Yerres, Île-de-France

Gustave Caillebotte, Le parc de la propriété à Yerres, 1875, collection particulière © Brame & Lorenceau, Paris

Gustave Caillebotte, Le parc de la propriété à Yerres, 1875, collection particulière © Brame & Lorenceau, Paris

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

De 1860 à 1879, cette belle maison et le magnifique parc qui l’entoure sont la propriété de vacances de la famille Caillebotte. Gustave Caillebotte y peint plus de 80 toiles, représentant la maison, le jardin, le potager, la rivière qui longe la propriété où le peintre et ses frères s’adonnent à leur passion commune, les activités nautiques, et des scènes de vie entre amis ou en famille.

Des bonheurs simples que l’on peut vivre encore aujourd’hui dans la propriété Caillebotte, entièrement préservée et ouverte au public : un pique-nique dans le parc, une sieste à l’ombre d’un arbre, une balade en barque sur la rivière… La maison, remarquablement conservée, avec notamment la chambre du peintre et son mobilier originel, est l’occasion unique d’un impressionnant voyage dans le temps.

Cette toile est conservée dans une collection particulière.

Instant de bonheur à Trouville, Normandie

Eugène Boudin, Dame en blanc sur la plage de Trouville, 1869 © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn

Eugène Boudin, Dame en blanc sur la plage de Trouville, 1869 © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

Deauville et Trouville, les deux villes sœurs du bord de mer normand, rencontrent un grand attrait dans la seconde moitié du XIXème siècle. Les vastes plages de sable fin, la mise en service en 1863 du train Paris-Deauville, le développement des casinos et du nautisme donnent naissance à une foisonnante vie mondaine. Mentor de Monet, Boudin est le premier à inventer les « scènes de plages », de petites toiles dans lesquelles il croque de belles dames en crinolines.

Dans ce tableau, plein de poésie atmosphérique, les personnages se fonden au décor marin. Surnommé le « roi des ciels », Eugène Boudin a su rendre dans cette toile toute la finesse de la lumière diffuse en Normandie.

En flânant aujourd’hui sur les planches de Trouville, chacun peut contempler les variations de la lumière et le mouvement des nuages sublimés par Eugène Boudin. L’atmosphère pleine de charme de ce lieu de promenade est toujours intacte, avec ses magnifiques villas prisées par la haute société de l’époque. A Deauville, on ressent encore aujourd’hui l’ambiance fastueuse de cette station balnéaire immortalisée par le pinceau des impressionnistes. Ses casino, hippodrome, somptueuses villas à pans de bois s’égrènent le long d’une vaste plage bordée de parasols.

Cette toile est visible au MuMa, musée d’art moderne André Malraux, au Havre.

Instant de bonheur à Rouen, Normandie

Claude Monet, La Cathédrale de Rouen, le portail et la tour d’Albane, temps gris, 1894 © Réunion des Musées Métropolitains Rouen Normandie / Musée des Beaux-Arts

Claude Monet, La Cathédrale de Rouen, le portail et la tour d’Albane, temps gris, 1894 © Réunion des Musées Métropolitains Rouen Normandie / Musée des Beaux-Arts

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

Blottie au creux de son méandre de la Seine, la ville de Rouen a fasciné les Impressionnistes. « C’est beau comme Venise» s’émerveille Pissarro. Si Pissarro s’attarde sur les ponts rouennais et la vie moderne le long de la Seine, Monet se mesure, durant deux saisons, à la cathédrale, véritable chef-d’œuvre de dentelle gothique.

Obsédé par l’édifice baigné dans différentes ambiances, il peint jusqu’à 14 toiles en même temps, cherchant à saisir les infinies variations de la lumière. De ce travail grandiose résulte sa fameuse série des cathédrales, 28 vues de la façade qui ont fait le tour du monde. Sur cette version, Monet magnifie le voile que la brume projette sur la cathédrale, dans une atmosphère saturée par les fines particules d’eau.

S’attarder quelques instants sur la place de la cathédrale permet de revivre, aujourd’hui encore, cette sensation de l’artiste. Un détour par les ruelles chargées d’histoire de la ville ou un déjeuner en bord de Seine, sur les pas de Sisley et Pissarro complètent l’expérience impressionniste.

Ce tableau est exposé au musée des Beaux-Arts de Rouen.

Instant de bonheur à Giverny, Normandie

Jean-François Millet, L'église de Gréville, entre 1871 et 1874, Musée d’Orsay, Paris © photo RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Stéphane Maréchalle

Claude Monet, Le Bassin aux Nymphéas, harmonie verte, 1899, Musée d’Orsay, Paris © photo RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Stéphane Maréchalle

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

En 1883, Monet s’établit à quelques encablures de la Seine, à Giverny.

Après l’aménagement de son jardin, composé comme un tableau, il s’engage dix ans plus tard dans le vaste chantier du bassin aux nymphéas. Il crée un jardin d’eau d’inspiration japonaise, agrémenté entre autres de saules pleureurs, bambous, pivoines arbustives du Japon. Le pont de bois, sans doute inspiré d’estampes japonaises, accentue l’atmosphère orientale de ce joyau botanique.

Pendant plus de vingt-cinq ans, il ne cessera d’y puiser son inspiration, cherchant à figer dans ses tableaux les reflets changeants de l’eau.

Depuis 1980, les jardins et la maison de Claude Monet ouvrent leurs portes au public tous les ans, de mars à octobre. Marcher sur le pont japonais qui enjambe le bassin aux nymphéas et pousser la porte de la chambre de l’artiste offrent une immersion unique dans l’intimité de peintre.

A quelques encablures de là, le musée des impressionnismes de Giverny propose chaque année deux expositions temporaires dédiées au courant impressionniste, des précurseurs aux héritiers. Il abrite également une exposition permanente intitulée « Autour de Claude Monet ».

Ce tableau est exposé au Musée d’Orsay, à Paris.

Instant de bonheur à Etretat, Normandie

Claude Monet, Etretat, la Manneporte, reflets sur l'eau, vers 1885, Musée des Beaux-Arts, Caen © photo RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Martine Beck-Coppola

Claude Monet, Etretat, la Manneporte, reflets sur l’eau, vers 1885, Musée des Beaux-Arts, Caen © photo RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Martine Beck-Coppola

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

Monet séjourne régulièrement à Étretat entre 1883 et 1886, fasciné par les spectaculaires falaises de ce petit port normand. Il représente ces époustouflants paysages plus de 80 fois, capturant tous les points de vue possibles.

La représentation de ces falaises maintes fois peintes par de grands artistes constitue un défi pour Monet. L’artiste cherche donc de nouvelles approches et consacre plusieurs toiles à la Manneporte, la plus haute des trois falaises d’Etretat, mais également la plus éloignée et difficilement accessible. Avec sa vue en contre-plongée, le tableau fait surgir presque naturellement la falaise de la mer et capte le miroitement du soleil dans les reflets de l’eau.

Faire l’expérience d’un coucher de soleil en haut de ses falaises constitue encore aujourd’hui un précieux moment d’émerveillement. On accède à ce panorama en arpentant les sentiers qui surplombent la mer et dominent ce paysage unique au monde. La vision impressionniste s’offre également à ceux qui optent pour une balade en mer ou pour une pause sur les terrasses qui animent le bord de mer aux beaux jours.

Le Musée des Beaux-Arts de Caen, en Normandie, expose ce tableau.

Instant de bonheur dans le Cotentin, Normandie

Jean-François Millet, L'église de Gréville, entre 1871 et 1874, Musée d’Orsay, Paris © photo RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Stéphane Maréchalle

Jean-François Millet, L’église de Gréville, entre 1871 et 1874, Musée d’Orsay, Paris © photo RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Stéphane Maréchalle

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

Le peintre de L’Angélus et des Glaneuses est né dans le Cotentin, face à la mer, au cœur d’une Normandie sauvage et secrète. Il passe son enfance dans une famille de modestes et pieux laboureurs au hameau de Gruchy, situé à Gréville-Hague, non loin de Cherbourg. Cette région offre des paysages grandioses, bordés par des rochers qui tombent à pic vers la mer. De retour dans sa région natale dans les années 1870, Millet signe une série de tableaux qui annoncent l’Impressionnisme.

La vieille église du XIIème siècle, qui trône au milieu du village de Gréville-Hague, inspire le chef de file du réalisme par sa simplicité et son parfum d’éternité. La lumière du soleil couchant, agrémentée d’un vol d’oiseaux, renforce l’âme et la puissance évocatrice du tableau.

De nos jours, à quelques kilomètres de cette église, à Gruchy, on peut entrer dans l’intimité du peintre en visitant la maison natale de Jean-François Millet.

Cette toile est exposée au musée d’Orsay à Paris.

Instant de bonheur au Havre, Normandie

Claude Monet, Impression, soleil levant, 1872, Musée Marmottan Monet, Paris © SLB Christian Baraja

Claude Monet, Impression, soleil levant, 1872, Musée Marmottan Monet, Paris © SLB Christian Baraja

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

© Paris Region Tourist Board / Yasuhiro Ogawa

Cette représentation du port du Havre, peinte au petit matin d’une chambre d’hôtel lorsque le soleil émerge de la brume, a donné son nom à l’Impressionnisme. Par des touches suggestives, Monet restitue l’atmosphère lumineuse du port industriel aux aurores. Les silhouettes des bateaux, le clapotis de la mer, les reflets du soleil qui irradient l’air et l’eau… Monet réussit en un chef-d’œuvre à figer sur la toile toutes ces sensations fugitives et à changer le cours de l’histoire de l’art.

Si le port s’est considérablement modernisé, la plage du Havre offre encore de nos jours une véritable expérience impressionniste, avec une vue sur la mer baignée de lumière et évoluant au rythme des caprices atmosphériques. C’est dans cet environnement, au bord de l’eau, que le MuMa, musée d’Art Moderne André Malraux du Havre expose de façon permanente l’une des plus belles collections impressionnistes de France.

Ce tableau est exposé au musée Marmottan Monet à Paris.